Réglementation Générale

Information sur la vidéosurveillance au travail

L'installation d'un système de vidéosurveillance dans les locaux de l'entreprise est soumise à des obligations d'information strictes envers les salariés et les visiteurs. L'article L1222-4 du Code du travail interdit la collecte d'informations personnelles par un dispositif qui n'a pas été porté préalablement à la connaissance du salarié. Le RGPD et la loi Informatique et Libertés imposent des exigences complémentaires en matière de transparence et de proportionnalité.

Base légale

Article L1222-4 du Code du travail – Règlement (UE) 2016/679 (RGPD) – Loi n°78-17 du 6 janvier 1978 (Informatique et Libertés)

Obligation d'information préalable des salariés

L'article L1222-4 du Code du travail pose un principe fondamental : aucune information concernant personnellement un salarié ne peut être collectée par un dispositif qui n'a pas été porté préalablement à sa connaissance. Avant la mise en place de la vidéosurveillance, l'employeur doit informer individuellement chaque salarié par tout moyen conférant date certaine. Le comité social et économique (CSE) doit être informé et consulté préalablement à l'installation du dispositif, conformément à l'article L2312-38 du Code du travail. Les visiteurs et clients doivent également être informés par un affichage visible à l'entrée des zones surveillées.

Mentions obligatoires sur les panneaux d'information

Conformément à l'article 13 du RGPD, les panneaux d'information doivent indiquer : l'identité du responsable du traitement, les finalités du dispositif (sécurité des personnes et des biens, prévention des vols), la durée de conservation des images (30 jours maximum en général), les droits des personnes (accès, rectification, opposition), et les coordonnées du délégué à la protection des données (DPO) le cas échéant. Un pictogramme de caméra doit être visible et un renvoi vers une information complète doit être prévu. La CNIL recommande une signalétique à deux niveaux : un panneau synthétique à l'entrée des zones filmées et un document détaillé consultable sur demande.

Zones filmées et restrictions

Les caméras ne peuvent pas filmer les postes de travail des salariés de manière permanente, sauf justification particulière liée à la sécurité (manipulation de valeurs, zone de stockage sensible). Il est strictement interdit de placer des caméras dans les vestiaires, les sanitaires, les locaux syndicaux ou les espaces de repos. Les caméras orientées vers les postes de travail doivent être justifiées par un motif légitime et proportionné au but recherché. L'enregistrement sonore associé à la vidéosurveillance est soumis à des restrictions encore plus strictes et requiert une justification renforcée.

Formalités administratives

Les locaux ouverts au public (magasins, accueils) nécessitent une autorisation préfectorale délivrée par la commission départementale de vidéoprotection. Les locaux non ouverts au public (bureaux, entrepôts) sont soumis au RGPD et ne nécessitent plus de déclaration à la CNIL depuis le 25 mai 2018, mais l'employeur doit tenir un registre des activités de traitement. Une analyse d'impact relative à la protection des données (AIPD) est obligatoire lorsque le dispositif est susceptible d'engendrer un risque élevé pour les droits et libertés des personnes. L'employeur doit documenter la conformité du dispositif et pouvoir la démontrer à tout moment.

Sanctions en cas de non-respect

L'utilisation d'un système de vidéosurveillance sans information préalable des salariés rend les enregistrements inopposables et constitue un moyen de preuve illicite devant les juridictions. L'article 226-1 du Code pénal punit d'un an d'emprisonnement et 45 000 € d'amende le fait de porter volontairement atteinte à la vie privée d'autrui au moyen d'un dispositif d'enregistrement d'images. La CNIL peut prononcer des sanctions administratives pouvant atteindre 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial. Le salarié victime d'une surveillance non conforme peut obtenir des dommages et intérêts pour atteinte à sa vie privée et au respect de ses données personnelles.

Sanctions encourues

Amende de 45 000 € pour atteinte à la vie privée (article 226-1 du Code pénal). Sanctions CNIL pouvant atteindre 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires mondial.

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